clown for jesus

http://www.clowning4christ.com/ (edit parce que le nom du site a changé)

J’ai failli juste mettre ça dans ce post. Je ne sais même pas si c’est une blague, si c’est sérieux, ou si c’est important que ce soit un ou l’autre. Et moi qui projettais de devenir Dr. Clown pour ma retraite, ils sont en train de ridiculiser le domaine de la clownerie. Pis en plus, c’est redondant un peu comme nom d’organisation.

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Update (à lire avec un accent francisant)

Je viens de palier à une lacune grave. Je viens de commenter sur les commentaires que j’ai reçus au fil des semaines. Je me trouve con d’avoir autant attendu avant de le faire; vous prennez la peine de m’écrire, j’ai pas de raison de ne pas continuer le débat ou de faire mes remerciments. Si je n’ai pas fait de commentaire sur un commentaire, ça ne veut pas nécessairement dire que je l’ai pas lu, mais surtout que je ne savais pas quoi répondre ou encore que de fois quelques réponses m’ont tellement frusté que la publication de celles-ci était la seule chose à faire plutôt que de les  »deleter ».

Nostalgie I

 »One » par U2.

J’ai toujours aimé la musique de U2. L’album Achtung Baby est probablement mon premier coup de coeur musical, l’album que j’écoutais d’un bout à l’autre sans interruption, paroles en main. Pour le petit joueur de basse que j’étais, des chansons comme  »The fly » sont importantes parce qu’elles ne sont pas dans le moule traditionnel du rock. Et la chanson  »One » est la première chanson que j’ai écouté en pensant à quelqu’une. 

Bon, baissez votre  »meter » de moqueries à 0. Donc, ma première  »vraie » copine, je peux même dire blonde parce qu’elle l’était, s’appelle Marie-Hélène Cardin. La vraie affaire; je l’ai courtisée pendant des semaines (un défaut que j’ai toujours) et à un party de noël pendant mon secondaire 2, elle a enfin dit oui. Deux mois plus tard, elle me brisait le coeur, mais ça c’est pour plus tard. 

Premier marathon de films écoutés collés. Premier souper  »awkward » à me faire présenter à des parents, donc première fois qu’un père me regarde et juge en 10 secondes que je ne suis pas assez bon pour sa fille; je n’aurai pas le temps de lui prouver qu’il avait tort. 

Premier marathon de becs. Premier  »french » pendant la scène du bec à la fin du film Karate Kid 2, pendant la cérémonie du thé: plus cute que ça il faudrait des centaines de chatons cutes sur une photo, et encore. Elle est probablement la raison pour laquelle je suis un kissing slut. Et je ne le l’ai jamais remerciée. 

Fast forward. Je ne me souviens pas pourquoi elle m’a quitté. La logique d’un adolescent de 14 ans est assez floue et étrangère. Tout ce que je me souviens c’est de la sensation de devoir changer de paradigme à une vitesse incroyable. Cet espèce de vide étrange qui remplace la chaleur; que cette personne n’est plus la même à la seconde de l’annonce. C’est en fait de la magie qui s’opère dans ces moments: par quelques paroles, elle altère une partie du monde. Ma première réaction fut de prendre mon lecteur de cd, de mettre mon disque de U2 et de mettre ma chanson, notre chanson. En boucle. Tellement que cette chanson je ne l’ai plus jamais écoutée. Les quelques tentatives m’ont remis exactement dans l’état que j’étais pendant cette soirée. Eh oui, dans mon Ipod j’avais tout l’album sauf cette chanson.

C’est niaiseux, right? Je crois pas. Cette chanson là était tellement associé aux sentiments qu’elle est devenu le sentiment. Et le temps que ça dure? 15 ans pour notre cerveau ça veut rien dire. 

Je suis allé voir U2-3D la semaine dernière, innocent de ce qui allait se produire, excité par l’idée de voir des poissons en 3D (l’avant-spectacle) et de voir U2 à Montréal alors qu’ils n’y sont pas. Ce qui devait arriver, arriva. Dès les premières notes je savais, mais je me suis surpris; plutôt que de me laisser abattre par la nostalgie, j’ai décidé de plonger dedans. Comme le dit si bien la chanson des Colocs  »cinquante millions d’images (…) se bousculent dans ma tête » et je revie en 4 minutes tout ce que je dois revivre et la chanson que je fuyais crystallise le moment et me libère d’un souvenir. Comme ça. C’est aussi simple que ce que je viens d’écrire. C’est exactement comme monter dans un manège à reculons et le refaire une seconde fois en prenant la décision de ne pas se retenir. 

Comme ça. Je l’ai réécoutée depuis et la chanson me redonne un petit bout de chaleur, la nostalgie n’est plus froide, comme une inconnue que je ne reverrai jamais qui me sourit dans la rue. 

Le petit  »I » à coté du titre, vous l’aurez deviné, c’est voulu.

 »shower »

Dans un soucis de respecter  »l’année de la vérité » que ma soeur a décrété le 2 janvier 2009, tout ne va pas mal ou neutre.

Samedi après-midi, je vais passer plusieurs heures à regarder une femme enceinte développer des cadeaux, avoir chaud, faim, mal au dos. Tout ça pour une bonne cause. Il va y avoir, dans quelques semaines voir quelques jours, un nouvel habitant de cette communauté des homo sapiens sapiens.

Tristan qu’il va s’appeller. Ce sera un membre de la tribu des Leduc-Haché. Il sera de la variante de l’espèce masculine, un trais plus rare que son contraire n’ayant que 47% des chances de le devenir. Ses parents choisiront probablement de lui montrer à communiquer en français, pas la norme mondiale. Son éducation sera du type occidental ce qui va lui conférer une attitude quelque peu supérieur aux autres cultures existantes sur cette planète, mais tout compte fait, ce modèle a fait ses preuves. Il va naître en plein milieu de son cycle de gestation, après neuf mois sur les 18 qui seraient normalement requis, ce qui nécécitera beaucoup plus de travail que les autres animaux. Normalement, un aninal est terminé lorsqu’il prend sa première respiration ce qui lui permet de commencer son autonomie quelques heures après sa naissance. 

Je voulais continuer comme ça pendant plusieurs autres paragraphes. C’est intéressant de prendre un phénomène très courant chez l’humain et de tenter de l’analyser comme si c’était quelque chose qui nous était totalement étrangé à la manière d’un anthropologue ou d’un biologiste qui venait d’une autre planète. Au  »je », au  »tu » et au  »il », il est facile de na pas s’émerveiller devant un tel phénomène. Au  »ils » par contre, c’est intéressant. 

 

Samedi après-midi, sans le savoir, les gens qui vont m’entourer vont participer à un rituel des plus anciens. Alors que nous allons donner des cadeaux de couleurs pastels, moi je donne un montant d’argent et toutou en forme de monstre (je ne veux pas qu’il pense qu’un lapin en peluche c’est moins épeurant qu’un monstre en peluche) nous allons faire l’équivalent d’accepter un nouveau membre dans notre communauté. Ce rituel était important pour la survie de la tribu; si c’était un garçon, on avait un nouveau chasseur/protecteur dans nos rangs. Si c’était une fille, alors on avait une nouvelle enseignante/génitrice dans nos rangs.

Aujourd’hui, on ne sais plus pourquoi on le fait, mais on le fait. Par pure mémoire génétique. Jean-francois, le père, ne va pas présenter le bébé à peine né devant tout le monde, mais va partager avec nous son excitation devant sa nouvelle vie. Et Émilie, elle, va nous faire réaliser qu’elle ne sera plus jamais la même non plus.

Et moi, je joue quel rôle la-dedans? Est-ce que je me propose comme étant un guide pour cet enfant? Est-ce qu’en étant là, je promet au couple qu’ils peuvent compter sur moi pour les accompagner dans leur défi? Aucune idée. Par contre, et ça c’est bien clair j’y aussi pour me rassurer. Que deux personnes peuvent décider de faire quelque chose d’aussi absurde (l’absurde est ce qui est contraire et échappe à toute logique) est rassurant. C’est un pied de nez énorme au pessimisme de notre époque. C’est démontrer une confiance aveugle au futur. C’est aussi une façon indélibile, et en fait la seule façon, de s’assurer l’immortalité. 

Si cet immensité ne vous touche pas, je sais pas quoi dire.

Complexe de Superman

A date, le mois de mai est bizarre. Regardez bien votre calendrier au coin droit de votre écran (ceux qui ont un Mac, je sais pas) on est uniquement le 8. 

Un mot me vient en tête; Maelstrom. 

C’est un mot solide, clair, puissant, aqueux. Je me sens comme si j’étais en plein milieu d’un maelstrom. Le passé et le présent s’entrechoquent. Les distances ne sont plus que des nanomètres. Et je ne comprends plus rien. J’ai le contrôle sur absolument rien.  Je vous épargne les détails, l’essence du sentiment est important ici, non pas les circonstances. Je suis habitué de comprendre sans savoir, de réfléchir sans y penser, mais surtout d’être maître de mes sens. Et tout ça fout le camp. Depuis le début du mois de mai. Je me sens de plus en plus comme Truman Burbank.(http://en.wikipedia.org/wiki/The_Truman_Show)  Entouré de figurants qui n’existent que lorsque je les croise. Parfois, quelqu’un embarque dans l’aventure pour quelques heures/quelques épisodes avant de repartir. Les scripteurs doivent avoir une imagination extraordinaire pour pondre 60 faux appels quotidiens que je doit prendre. Quelqu’un que je connais à un problème? La caméra zoom pour voir mes réactions, mes solutions, mes erreurs.

Il y a tellement de chose qui se passe à l’extérieur que j’en oublie de penser à moi. Pis en plus, j’ai un mini, j’ai bien dit mini, complexe de Superman. (wikipedia encore et toujours.) Sauf que contraiment à lui, à la fin de ma journée ou je sauve le monde, je ne me couche pas satisfait. Bien entendu, je suis fait fort, plus fort que la moyenne (?) pour sauver mon entourage de leur  »toute personnelle fin du monde ». J’ai une capacité d’écoute et de sacrifice ridiculement élevé qui fait en sorte que souvent je ne me rends même pas compte que je suis en train de voler et que Lois Lane est en sécurité dans mes bras. C’est un réflex.

Effect secondaire maintenant. Je ne sais plus quand j’ai besoin d’aide. Je ne sais pas si j’ai besoin d’aide. En me comparant/rassurant sur la misère des autres, je me suis enlevé/immunisé le droit d’avoir mal. C’est pas un cri d’alarme en passant. Par contre, j’ai peur d’être en mauvaise posture, sans le savoir… Ca va bien, mais je réponds correcte pour ne pas me sentir coupable si la personne avec qui je suis ne va pas bien. Je suis en santé (presque autant que quand je jouais au football, j’ai joggué en plein milieu de la nuit l’autre soir pour me rendre chez moi) je n’ai pas de passé à régler gravement, je ne déteste pas mon travail et à tous les jours je me rapproche d’une carrière meilleure. J’ai en masse d’amis/ies et merde, j’ai aussi des projets de soirées en tête-à-tête dans les prochains jours. Je vous le dit, ça va plutôt bien.  Mais je suis incapable de profiter du bon temps. Je sais que dans pas très longtemps je vais être appellé à secourir quelqu’un. C’est pas un reproche, c’est la nature symbiotique que j’ai avec mes proches.

Je vais travailler la-dessus cette année. Mon objectif? Comprendre que je n’ai pas de pouvoirs spéciaux ni de talents particuliers pour sauver le monde. 

C’est quoi le rapport avec le mois de mai? Aucun. Sauf que des décisions passées me hantent, que certaines personnes refont surface, mais surtout que beaucoup de chose se passe. Oh, en passant rien ne se passe pour moi. Je suis dans l’oeil du maelstrom, c’est assez stable. Des vies éclatent autour de moi, des gens s’écroulent, des 180 degrés sont fait pour changer d’avis et de vie. Sérieusement je n’ai pas à écouter la télévision pour voir du drame. Pas beaucoup de positif. Vraiment. Rien de négatif non plus. Mais beaucoup de changement. 

 

Promesse d’ex-louveteau,  la prochaine fois je vais tenter de garder le cap sur un sujet au lieu de le changer en plein millieu du post sans l’éditer pour que ça fasse du sens. Et surtout, je suis aussi privilégié d’être au coeur de ce maelstrom. Ça pourrait être pire, je pourrais avoir besoin d’un Superman et franchement, j’en connais pas. (voir https://ocinet.wordpress.com/2009/04/20/ca-fait-pas-mal-le-tour/ )