Complexe de Superman

A date, le mois de mai est bizarre. Regardez bien votre calendrier au coin droit de votre écran (ceux qui ont un Mac, je sais pas) on est uniquement le 8. 

Un mot me vient en tête; Maelstrom. 

C’est un mot solide, clair, puissant, aqueux. Je me sens comme si j’étais en plein milieu d’un maelstrom. Le passé et le présent s’entrechoquent. Les distances ne sont plus que des nanomètres. Et je ne comprends plus rien. J’ai le contrôle sur absolument rien.  Je vous épargne les détails, l’essence du sentiment est important ici, non pas les circonstances. Je suis habitué de comprendre sans savoir, de réfléchir sans y penser, mais surtout d’être maître de mes sens. Et tout ça fout le camp. Depuis le début du mois de mai. Je me sens de plus en plus comme Truman Burbank.(http://en.wikipedia.org/wiki/The_Truman_Show)  Entouré de figurants qui n’existent que lorsque je les croise. Parfois, quelqu’un embarque dans l’aventure pour quelques heures/quelques épisodes avant de repartir. Les scripteurs doivent avoir une imagination extraordinaire pour pondre 60 faux appels quotidiens que je doit prendre. Quelqu’un que je connais à un problème? La caméra zoom pour voir mes réactions, mes solutions, mes erreurs.

Il y a tellement de chose qui se passe à l’extérieur que j’en oublie de penser à moi. Pis en plus, j’ai un mini, j’ai bien dit mini, complexe de Superman. (wikipedia encore et toujours.) Sauf que contraiment à lui, à la fin de ma journée ou je sauve le monde, je ne me couche pas satisfait. Bien entendu, je suis fait fort, plus fort que la moyenne (?) pour sauver mon entourage de leur  »toute personnelle fin du monde ». J’ai une capacité d’écoute et de sacrifice ridiculement élevé qui fait en sorte que souvent je ne me rends même pas compte que je suis en train de voler et que Lois Lane est en sécurité dans mes bras. C’est un réflex.

Effect secondaire maintenant. Je ne sais plus quand j’ai besoin d’aide. Je ne sais pas si j’ai besoin d’aide. En me comparant/rassurant sur la misère des autres, je me suis enlevé/immunisé le droit d’avoir mal. C’est pas un cri d’alarme en passant. Par contre, j’ai peur d’être en mauvaise posture, sans le savoir… Ca va bien, mais je réponds correcte pour ne pas me sentir coupable si la personne avec qui je suis ne va pas bien. Je suis en santé (presque autant que quand je jouais au football, j’ai joggué en plein milieu de la nuit l’autre soir pour me rendre chez moi) je n’ai pas de passé à régler gravement, je ne déteste pas mon travail et à tous les jours je me rapproche d’une carrière meilleure. J’ai en masse d’amis/ies et merde, j’ai aussi des projets de soirées en tête-à-tête dans les prochains jours. Je vous le dit, ça va plutôt bien.  Mais je suis incapable de profiter du bon temps. Je sais que dans pas très longtemps je vais être appellé à secourir quelqu’un. C’est pas un reproche, c’est la nature symbiotique que j’ai avec mes proches.

Je vais travailler la-dessus cette année. Mon objectif? Comprendre que je n’ai pas de pouvoirs spéciaux ni de talents particuliers pour sauver le monde. 

C’est quoi le rapport avec le mois de mai? Aucun. Sauf que des décisions passées me hantent, que certaines personnes refont surface, mais surtout que beaucoup de chose se passe. Oh, en passant rien ne se passe pour moi. Je suis dans l’oeil du maelstrom, c’est assez stable. Des vies éclatent autour de moi, des gens s’écroulent, des 180 degrés sont fait pour changer d’avis et de vie. Sérieusement je n’ai pas à écouter la télévision pour voir du drame. Pas beaucoup de positif. Vraiment. Rien de négatif non plus. Mais beaucoup de changement. 

 

Promesse d’ex-louveteau,  la prochaine fois je vais tenter de garder le cap sur un sujet au lieu de le changer en plein millieu du post sans l’éditer pour que ça fasse du sens. Et surtout, je suis aussi privilégié d’être au coeur de ce maelstrom. Ça pourrait être pire, je pourrais avoir besoin d’un Superman et franchement, j’en connais pas. (voir https://ocinet.wordpress.com/2009/04/20/ca-fait-pas-mal-le-tour/ )

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3 commentaires

  1. ça m’a rappellé un anti-poème de Nicanor Parra.. je te l’ai traduit.. (juges pas la mauvaise traduction là chu hung over hehe)

    Crois-tu que ça vaudrait
    la peine de tuer dieu
    pour voir si le monde s’arrange?

    -certainement que ça vaut la peine

    -est-ce que ça vaut la peine parier
    sa vie pour une idée
    qui peut enfin être fausse?

    -certainement que ça vaut la peine

    -je me demande si ça vaudrait
    la peine manger du crabe
    vaudrait la peine elèver
    des enfants qui se retourneront
    contre leurs ainés?

    -c’est évident que oui
    que non
    que ça vaut la peine

    -je me demande si ça vaudrait
    la peine mettre un disque
    la peine lire un arbre
    la peine planter un livre
    si tout se dissipe
    si rien ne perdurera

    -peut-être que ça ne vaut pas la peine
    -ne pleures pas
    -je ris

    -ne nais pas
    -je suis meurs

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    • *je meurs (à la fin hehe pas je suis meurs lol)

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    • wow, c’est puissant ce poème.

      merci de l’avoir traduit, c’est génial. Et, c’est certain que je ne rirai pas de la traduction, c’est un cadeau.

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