Nostalgie I

 »One » par U2.

J’ai toujours aimé la musique de U2. L’album Achtung Baby est probablement mon premier coup de coeur musical, l’album que j’écoutais d’un bout à l’autre sans interruption, paroles en main. Pour le petit joueur de basse que j’étais, des chansons comme  »The fly » sont importantes parce qu’elles ne sont pas dans le moule traditionnel du rock. Et la chanson  »One » est la première chanson que j’ai écouté en pensant à quelqu’une. 

Bon, baissez votre  »meter » de moqueries à 0. Donc, ma première  »vraie » copine, je peux même dire blonde parce qu’elle l’était, s’appelle Marie-Hélène Cardin. La vraie affaire; je l’ai courtisée pendant des semaines (un défaut que j’ai toujours) et à un party de noël pendant mon secondaire 2, elle a enfin dit oui. Deux mois plus tard, elle me brisait le coeur, mais ça c’est pour plus tard. 

Premier marathon de films écoutés collés. Premier souper  »awkward » à me faire présenter à des parents, donc première fois qu’un père me regarde et juge en 10 secondes que je ne suis pas assez bon pour sa fille; je n’aurai pas le temps de lui prouver qu’il avait tort. 

Premier marathon de becs. Premier  »french » pendant la scène du bec à la fin du film Karate Kid 2, pendant la cérémonie du thé: plus cute que ça il faudrait des centaines de chatons cutes sur une photo, et encore. Elle est probablement la raison pour laquelle je suis un kissing slut. Et je ne le l’ai jamais remerciée. 

Fast forward. Je ne me souviens pas pourquoi elle m’a quitté. La logique d’un adolescent de 14 ans est assez floue et étrangère. Tout ce que je me souviens c’est de la sensation de devoir changer de paradigme à une vitesse incroyable. Cet espèce de vide étrange qui remplace la chaleur; que cette personne n’est plus la même à la seconde de l’annonce. C’est en fait de la magie qui s’opère dans ces moments: par quelques paroles, elle altère une partie du monde. Ma première réaction fut de prendre mon lecteur de cd, de mettre mon disque de U2 et de mettre ma chanson, notre chanson. En boucle. Tellement que cette chanson je ne l’ai plus jamais écoutée. Les quelques tentatives m’ont remis exactement dans l’état que j’étais pendant cette soirée. Eh oui, dans mon Ipod j’avais tout l’album sauf cette chanson.

C’est niaiseux, right? Je crois pas. Cette chanson là était tellement associé aux sentiments qu’elle est devenu le sentiment. Et le temps que ça dure? 15 ans pour notre cerveau ça veut rien dire. 

Je suis allé voir U2-3D la semaine dernière, innocent de ce qui allait se produire, excité par l’idée de voir des poissons en 3D (l’avant-spectacle) et de voir U2 à Montréal alors qu’ils n’y sont pas. Ce qui devait arriver, arriva. Dès les premières notes je savais, mais je me suis surpris; plutôt que de me laisser abattre par la nostalgie, j’ai décidé de plonger dedans. Comme le dit si bien la chanson des Colocs  »cinquante millions d’images (…) se bousculent dans ma tête » et je revie en 4 minutes tout ce que je dois revivre et la chanson que je fuyais crystallise le moment et me libère d’un souvenir. Comme ça. C’est aussi simple que ce que je viens d’écrire. C’est exactement comme monter dans un manège à reculons et le refaire une seconde fois en prenant la décision de ne pas se retenir. 

Comme ça. Je l’ai réécoutée depuis et la chanson me redonne un petit bout de chaleur, la nostalgie n’est plus froide, comme une inconnue que je ne reverrai jamais qui me sourit dans la rue. 

Le petit  »I » à coté du titre, vous l’aurez deviné, c’est voulu.

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5 commentaires

  1. C’est drôle, je viens lire le post dont tu m’as mentionné la récente parution avec en tête de faire mon premier commentaire (vouloir avoir l’air intelligente et avoir une belle plume aussi).
    Comme d’habitude, quand les gens me touchent, je me laisse toucher (émotionnellement, pour préciser pour ceux qui ne me connaissent pas et pourraient penser à autre chose) et je ferme ma gueule. Comme ça, je prends le petit bout de chaleur que toi tu nous donnes et je n’ai rien à dire…

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    • Bin la. Je ne sais pas trop quoi dire. Sinon des niaiseries qui annuleraient ton commentaire.
      Je sais pas quoi dire, alors j’accepte. Ça serait bien de te lire aussi. Vraiment.

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  2. Wow…que dire a part ca. Je lis ca, maintenant, un jeudi matin a 6h30 et je suis tellement contente de l’avoir fait! Ce m’a fait sourire et part le fait même je suis retourné moi aussi, a 14-15 ans, nostalgique.
    Ca mon JF c’est tellement le genre de post qui fait du bien. Le genre d’article qui fait qu’on se rend compte que se sont les ptites choses simples comme ca qui nous rendent humain…
    La nostalgie est un sentiment tellement paradoxal, on aime et on aime pas…mais ca nous rend tellement vivant.

    Tu écris bien…je te l’ai déja dis mais je te le redis quand meme….n’arrete surtout pas!
    xxx

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    • Tant mieux si je sers à ça.

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  3. Ça me rappelle tellement de choses cet énoncé que je suis bouche-bée! En tout cas, tu as bien su t’exprimer et me faire revivre des moments semblables de l’époque et la seule fois que tu es venu chez moi. En tout cas, j’te souhaite fort d’en avoir une à aimer qui t’aimera encore bien bien bien plus longtemps, car sincèrement (même si aujourd’hui je ne te côtoie plus) je suis certaine que tu as réellement mérité cette chance.

    J’ai bien hâte de te lire encore!

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