Oncologie

Quand j’entends le mot oncologie dans un film, je sais que ça ne finira pas bien. D’habitude, c’est un petit garçon que l’on voit jouer au baseball; c’est son anniversaire et ses parents ont loué un mini-ferme; puis il déballe ses cadeaux et mange un gâteau immense. Rapidement, l’hôpital devient sa maison; il pâlit, perd ses cheveux. Ses parents feront un dialogue avec un/des couples d’amis, parfois ce sont aux beaux-parents, qu’aucun parent parent ne devrait enterrer leur enfant. Une scène montre le petit garçon vivant des moments de bonheur. Pour la dernière fois.

Lundi après-midi j’ai rejoint mes parents à l’hôpital Notre-Dame. Ma sœur a passé plusieurs tests, des prises de sang. Je me suis fait la réflexion suivante: normal, ça fait quelques semaines qu’elle ne va pas bien, il était temps qu’elle le fasse. Elle me décrit les tests, et sans être expert, le niveau d’inquiétude augmente. Échographie. Sa  rate est très enflée, c’est son système immunitaire qui est en train de se battre, et ce, de façon très violente. Test de moelle épinière? Biopsie des os? Je crois qu’ils soupçonne des choses, que leur intuition face aux symptôme les amènent vers un chemin qu’ils connaissent trop bien. Je lui demande si elle a un médecin qui la suit et elle me répond les yeux plein d’eau que non. Elle a maintenant un oncologue.

Elle attend patiemment ses résultats. Nous attendons ses résultats. J’aimerais en ce moment être con. De ne pas voir l’attention particulière qu’elle reçoit. Elle a un chambre qu’elle partage avec une femme qui est entre deux traitements de chimiothérapie. Quelqu’un vient lui rendre visite aux 15 minutes. Systématiquement, elle répond à la question  »ou as-tu mal? Est-ce que tu as mal aux os, aux muscles? » Invariablement, elle répond qu’elle a mal partout et aux os et aux muscles.

J’attends je les résultats. Je suis dans sa  »chambre » en train d’écrire ceci. Je pleure tellement que je dois prendre une pause entre chaque mot. Je pleure tellement. Je suis tellement inutile. Je suis une machine à place son oreiller, baisser le dossier, ajouter/ enlever des couvertures. Je pleure tellement. Je suis tellement inutile. Je reste tout de même à l’hôpital toute la nuit. Au cas.

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4 commentaires

  1. Je t’écris/comment ici car on a de la misere a se croisé phsiquement et via les multiples media de notre vie:

    Ici je me trouve a cours de mots et me voit nager dans des générismes mais voici donc: Dude, j’espère que tout va aller pour le mieux (I know weak sauce mais jen metterais plus et ce serait hors lignes et pas assez et ce serait froid) ET aussi sache que je suis la pour toi si t’a besoin de moi, be it for anything what so ever.

    You have my cell# (anytime day-evening-night np)

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    • Je sais mon frère (je ne le dis pas à la légère, comme tu le verras dans un prochain post) mais la réalité est vraiment relative en ce moment.

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  2. Je suis sans mots…et c’est plutot rare…je sais que rien que je puisse dire te fera du bien Jean-Francois mais je me dois de te dire que tu sais que je suis la pour toi…peu importe quand, quoi ni comment tu peux m’appeller. Surtout n’hésite pas.

    Mes pensées les plus fortes sont avec Catherine…pour ce que cela peut donner.

    Je suis avec toi Jean-Francois…ne t’isole pas…tes amis sont la, je suis la! Dont ever forget it!!

    Luv u much xxxx

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  3. Ce retour sur ton blogue m’a inévitablement ramené à ce billet… Je me souviens l’avoir lu à l’époque. Je n’avais pas eu la force de lire les commentaires. Patricia et Jean-Frédéric: Merci !

    Pour ce qui est de toi, mon hermano, tu étais beaucoup plus utile que tu ne le penses, tu étais là et tu sais que c’est déjà beaucoup. En le relisant, j’ai inévitablement les yeux qui se remplissent à nouveau. Quand vous êtes arrivés l’un après l’autre; Papa d’un pas décidé qui disait à maman de se dépêcher et surtout d’arrêter de marcher de reculons car j’avais reconnu son pas. Papa et moi qui pleurons en nous disant que nous sommes un peu con et en terminant en ayant un petit rire, nerveux mais un rire tout de même.

    Maman, qui me regarde et me dit on s’inquiète pas … on respire… J’ai demandé à maman si elle avait été capable de te rejoindre. Je lui avais dit la veille de ne pas t’appeler que ça servait à rien. Tout au long de la première nuit je me disais..que j’aurais aimé que tu sois là, mon grand frère si fort, qui pouvait toujours me protéger (en écrivant ce message je pleure, j’aurai peut-être pas besoin du psy finalement).

    Lorsqu’on arrête enfin de pleurer les trois, tu arrives. Je me souviens t’avoir regardé, tu ne savais pas trop ce qui se passait, j’ai l’impression que tu devais être dans un film au ralenti. Tu avais définitivement les yeux rouges. Ensuite, je t’ai regardé, on a discuté et je t’ai dit que que tu le veuilles ou non, tu allais passé ton après-midi et surtout ta nuit avec moi. Tu m’as répondu que tu avais tout préparer pour justement passer ta nuit avec moi dans le calvaire de l’urgence. J’ai demandé alors que tu avais le dos tourné à une infirmière d’essayer dans la mesure du possible et surtout étant donné la journée d’enfer que j’avais eu et aussi, peut-être le plus important, parce que je voulais que l’on ait de l’espace pour que tu sois bien et qu’on puisse se parler, que tu puisses me lire et me faire rire. Je voulais que tu sois bien dans ce film au ralenti duquel on voulait tous sortir.

    Cette nuit-là a été une nuit extraordinaire pour moi, tu devais me tourner à toutes les 15 minutes environ. Je souriais, je te demandais de m’aider à aller au toilette. Je suis certaine que tu te souviens du poteau à soluter débile qu’il m’avait donné et que pour la douleur j’avais des empracet, j’aurais probablement eu besoin de morphine.

    Contrairement à la fin de ton billet, je crois que tu dois prendre conscience que tu n’étais pas inutile. Évidemment, ton rôle de grand ne pouvait pas me protéger contre une attaque intense de mes globules blancs. Mais tu y étais, et tu t’es relevé les manches, tu es venu me voir dans cet environnement qui sent la merde, les médicaments et la mort. Tu y étais sans réfléchir et tu as fait tout ce que tu pouvais et tout ce qu’il y avait à faire à ce moment !

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